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Enjeux liés à l’utilisation de l’intelligence artificielle

Cinq grands enjeux de l'IA

L’intelligence artificielle occupe une place croissante dans les pratiques d’étude et de recherche universitaire et transforme les façons d’apprendre et de produire des connaissances. Puissant outil pouvant aider à gagner du temps, à clarifier des concepts ou à soutenir certaines tâches, elle comporte toutefois des limites et soulève des enjeux importants sur les plans de l’apprentissage, de l’éthique et de l’environnement. Développer une posture critique, diversifier ses sources et respecter les règles académiques sont essentiels pour en faire un usage éclairé dans votre parcours universitaire.

Exercice de l’esprit critique

Les outils d’IA peuvent produire des réponses cohérentes et convaincantes. Cela peut donner l’impression que l’information fournie est fiable, alors que ce n’est pas toujours le cas. Les contenus générés peuvent contenir des erreurs, des approximations ou même des informations inventées, présentées avec assurance.

Il importe de rappeler que les modèles de langage fonctionnent sur la base de prédictions statistiques: ils génèrent le contenu le plus plausible, dans un contexte donné, à partir des données sur lesquelles ils ont été entraînés. Ils ne comprennent pas l’information au sens humain et ne vérifient pas les faits en temps réel. Ainsi, les systèmes d’intelligence artificielle générative doivent être compris comme des systèmes probabilistes plutôt que factuels. Cela signifie que des éléments incorrects, biaisés, incomplets ou entièrement inventés peuvent être produits.

L’essor et la démocratisation de l’intelligence artificielle contribuent également à transformer l’environnement informationnel dans lequel vous évoluez. Les mêmes technologies qui permettent de générer du texte peuvent aussi être utilisées pour produire des images, des vidéos ou des enregistrements audios réalistes, mais trompeurs. Ces contenus synthétiques, parfois appelés hypertrucages (deepfakes), peuvent donner l’impression qu’une personne a dit ou fait quelque chose qui n’a jamais eu lieu. Ils s’inscrivent dans un phénomène plus large de désinformation numérique, caractérisé par une circulation accrue de contenus inexacts ou manipulés, qui peuvent être diffusés rapidement et à grande échelle.

Dans ce contexte, l’IA ne remplace pas le jugement humain. Elle doit plutôt être envisagée comme un point de départ ou un outil d’accompagnement. Il demeure essentiel de valider l’information, de consulter des sources fiables et de maintenir une distance critique face aux réponses obtenues.

Biais présents dans les systèmes d’IA

Les systèmes d’IA sont entraînés à partir de grandes quantités de données issues du Web, de publications et d’autres sources. Ces données reflètent inévitablement des réalités sociales, culturelles et historiques, avec leurs limites et leurs inégalités. Ainsi, les réponses générées peuvent reproduire ou amplifier certains biais, qu’ils soient algorithmiques ou sociaux, notamment des stéréotypes, des biais culturels, de genre ou encore des inégalités de représentation entre groupes. 

Les réponses produites tendent également à refléter des points de vue dominants ou consensuels. Si cela permet d’obtenir une information synthétique et accessible, cela peut aussi se faire au détriment de la diversité des perspectives, en rendant moins visibles des approches critiques, marginales ou divergentes.

À cela s’ajoutent des biais cognitifs qui peuvent influencer la manière dont vous interagissez avec les réponses générées. Le biais d’ancrage, par exemple, peut amener à accorder une importance excessive à la première réponse obtenue lors d’un échange avec un agent conversationnel, même si celle-ci est discutable ou incomplète. Le biais de confirmation peut également entrer en jeu, en incitant à privilégier des réponses qui vont dans le sens de ses idées initiales. De même, le biais d’automatisation peut conduire à accorder une confiance excessive aux réponses produites par un système perçu comme performant.

Ces différents biais peuvent contribuer à enfermer la personne utilisatrice dans une vision partielle d’un sujet. En interagissant principalement avec des contenus générés qui tendent à être cohérents, consensuels ou alignés avec la requête initiale, il devient plus difficile d’être exposé à des perspectives divergentes. Ce phénomène peut favoriser une forme de chambre d’écho, où certaines idées sont renforcées, tandis que d’autres sont moins visibles ou absentes.

Dans ce contexte, l’IA peut non seulement refléter des biais existants, mais aussi influencer la manière dont les connaissances sont construites et interprétées. Prendre du recul face aux réponses générées, varier ses requêtes et consulter des sources diversifiées, incluant des articles scientifiques, des ouvrages spécialisés et différents points de vue, permet de limiter ces effets et de développer une compréhension plus nuancée des sujets abordés.

Effets sur l’apprentissage et le développement des compétences

L’un des principaux enjeux de l’intelligence artificielle en contexte universitaire concerne son impact à la fois sur l’apprentissage et sur l’intégrité des travaux académiques. Lorsqu’elle est utilisée de manière excessive ou sans réflexion, elle peut réduire l’effort cognitif nécessaire à l’acquisition de connaissances et de compétences.

Par exemple, s’appuyer systématiquement sur l’IA pour rédiger, résumer ou résoudre des problèmes peut limiter le développement de compétences essentielles, comme la rédaction, l’analyse critique ou la structuration de la pensée. À plus long terme, cela peut entraîner une forme de dépendance aux outils et nuire à l’apprentissage en profondeur.

Cette réalité soulève également des questions importantes quant à l’évaluation des travaux. Lorsqu’une part significative d’un travail est réalisée à l’aide de l’IA, il devient plus difficile de déterminer quelles compétences ont réellement été mobilisées. À plus grande échelle, cela peut susciter des préoccupations quant à la valeur des diplômes et à la reconnaissance des acquis.

Dans ce contexte, une utilisation réfléchie, transparente et conforme aux consignes du personnel enseignant permet non seulement de soutenir l’apprentissage, mais aussi de préserver la qualité, la crédibilité et la valeur de votre cheminement universitaire.

Impact environnemental

L’intelligence artificielle a un impact environnemental souvent peu visible, mais bien réel. Son développement et son utilisation reposent sur des ressources informatiques importantes, ce qui entraîne une consommation énergétique élevée.

À l’échelle mondiale, ces technologies s’appuient sur des infrastructures matérielles complexes, notamment des centres de données, qui contribuent à l’empreinte écologique du numérique. Cette empreinte provient à la fois de l’entraînement des modèles, un processus très exigeant en calcul pouvant s’étendre sur de longues périodes, et de leur utilisation au quotidien. Si les modèles récents deviennent progressivement plus efficaces et réduisent le coût énergétique par requête, la croissance rapide des usages, dans les milieux académiques comme dans la vie quotidienne, entraîne néanmoins une augmentation globale de la consommation.

Cet impact dépasse la seule utilisation des outils. Il inclut également le refroidissement des serveurs, très énergivore et consommateur en eau, ainsi que la fabrication des équipements (puces, serveurs), qui mobilise des ressources naturelles et génère des émissions de gaz à effet de serre.

L’accessibilité accrue de l’IA encourage par ailleurs une multiplication des usages, y compris pour des tâches simples ou répétitives. Pris individuellement, ces usages peuvent sembler anodins, mais leur accumulation contribue de manière significative à la demande globale en ressources.

Dans cette perspective, l’usage de l’IA peut être comparé à d’autres habitudes du quotidien ayant un impact environnemental, comme le recyclage ou les déplacements en voiture. Chaque action prise isolément peut sembler négligeable, mais l’effet cumulatif de millions de gestes similaires devient significatif. Adopter des usages plus réfléchis, par exemple en évitant les requêtes inutiles ou répétitives, s’inscrit dans une démarche globale de responsabilité numérique.

Sans nécessairement renoncer à leur utilisation, il est donc pertinent de faire un usage réfléchi et proportionné de l’IA, en étant conscient des ressources mobilisées.

Contrefaçon des droits d'auteur

La question du droit d’auteur dans l’entrainement des outils de l’IA est centrale. En effet, afin de devenir performants, les outils de l’IA doivent être alimentés, que ce soit manuellement ou via une automatisation comme le moissonnage. Or, la majorité du matériel fourni à l’IA est protégé par le droit d’auteur. 

Avant de téléverser des contenus dans un outil de l’IA, demandez-vous toujours s’il s’agit de matériel protégé. Si oui, avez-vous une permission ou votre utilisation peut-elle être couverte par une exception à la Loi sur le droit d'auteur?

Pour en savoir davantage, consultez la page Exceptions admissibles du Bureau du droit d’auteur. 

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