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1982

xxx. Avis de l'Association des cadres scolaires du Québec sur le matériel didactique (Le manuel scolaire). Québec, Association des cadres scolaires du Québec, 1982. 19 p. Dossier: 82-02

"** Introduction

L'Association des cadres scolaires du Québec trouve important dans la conjoncture présente de présenter un avis au Ministère de l'Éducation sur l'ensemble de la problématique qui entoure le manuel scolaire. Nous aurions aimé au départ vous faire connaître notre proposition sur le dossier du matériel didactique et vous apporter certains éclairages sur l'importance de bien mettre en place les instruments indispensables pour assurer une application qui respecte l'approche pédagogique et le contenu des nouveaux programmes.

Cet avis est centré d'abord et avant tout sur le manuel scolaire parce que le Ministère l'a présenté ces dernières années comme l'instrument pédagogique par excellence dans le "coffre à outils" de l'enseignant. Le temps nous oblige également à nous préoccuper dès maintenant du manuel scolaire: l'échéancier du Ministère a mis en branle des activités d'implantation pour plusieurs programmes. L'application de

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certains programmes est même une réalité dans plusieurs commissions scolaires au moment où ces lignes sont écrites. L'Association des cadres scolaires du Québec complétera ce présent avis dans les prochains mois en abordant les autres aspects du matériel didactique dans le contexte du renouvellement des programmes du Ministère de l'Éducation pour le primaire et le secondaire.

En publiant cet avis au Ministère de l'Éducation, l'Association des cadres scolaires du Québec poursuit trois objectifs. Elle veut d'abord rappeler au Ministère de l'Éducation l'importance qu'il a accordé [sic] au manuel scolaire comme instrument pédagogique stabilisateur du processus d'apprentissage; ensuite décrire de quelle façon les commissions scolaires ont reçu ce message du Ministère de l'Éducation concernant le manuel scolaire et quelles attentes ces prises de position officielles ont développées tant chez les enseignants que chez les parents. Enfin, comme cadres scolaires nous entendons interroger le Ministère de l'Éducation sur sa cohérence interne face au manuel scolaire.

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** 1. Le manuel scolaire: le volet du Ministère de l'Éducation

Ces dernières années, le Ministère de l'Éducation par des interventions officielles a sorti le manuel scolaire de l'ombre et l'a replacé sur la place publique.

1.1 Le Livre vert

Les premiers signes de la réhabilitation du manuel scolaire sont apparus dans le Livre vert. Le Ministère annonce que les nouveaux programmes vont exiger de nouveaux instruments didactiques. Il indique que des devis viendront préciser aux maisons d'édition comment bâtir la nouvelle génération des manuels scolaires:

"... de tels programmes faciliteront la rédaction des devis de manuels scolaires, des cahiers d'exercices et d'autres instruments didactiques. On misera également sur les rapports qui enrichissent mutuellement programmes et instruments didactiques." (page 101, article 3.94 et 3.95.)

C'est la seule affirmation du Ministère concernant le manuel scolaire que l'on retrouve dans l'ensemble du Livre vert.

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1.2 Le livre orange

1.2.1 Dans L'École québécoise, énoncé de politique et plan d'action, le Ministère de l'Éducation affiche ses couleurs, il se veut plus explicite et il détermine la place privilégiée qu'il entend donner au manuel scolaire.

Le Ministère de l'Éducation trace l'historique des programmes-cadres et des programmes institutionnels. Il déplore avec insistance l'absence de matériel didactique mis à la disposition des enseignants. Il souligne en particulier les effets désastreux de la disparition des manuels scolaires. Il dégage les conséquences suivantes de cette situation:

"... les enseignants doivent improviser du matériel local"; (article 9.2.4)

"... les élèves sont privés d'un ouvrage principal de référence servant de fil conducteur dans leur démarche d'apprentissage; les parents et les commissions scolaires perdent ainsi un de leurs points d'observation privilégiés pour juger de l'évolution pédagogique dans leurs écoles." (article 9.1.2)


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1.2.2 Devant cet état de fait, le Ministère n'entend pas rester inactif. Il affirme que:

"Il va prendre d'importantes mesures pour redonner une place de premier plan au manuel scolaire de base dans les matériels d'enseignement et pour en souligner la valeur en tant qu'instrument fondamental de l'enseignement." (article 9.2)

1.2.3 Le Ministère déclare que:

"Le manuel ne permet pas uniquement de réunir un ensemble de connaissances, il constitue un centre de références. Il invite à établir des liens entre les notions étudiées, à réaliser leur synthèse et à vérifier la valeur des apprentissages. Il peut aider le maître à traiter exactement toutes les parties d'un programme. Quant [sic] on constate les richesses que contient un bon manuel scolaire, on réalise les lacunes d'un enseignement qui prétend pouvoir s'en passer." (article 9.2.7)

1.2.4 La conclusion sur le manuel scolaire est très précise dans le Livre orange:

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"... le Ministère considère nécessaire que les écoles puissent disposer de manuels scolaires pour l'enseignement des matières dans toutes les classes du primaire et du secondaire." (article 9.3)

1.2.5 Il devient évident que le Ministère considère le manuel scolaire comme l'instrument pédagogique au centre de tout le processus d'apprentissage d l'élève. Il apparaît aux cadres scolaires que le manuel est considéré comme l'instrument pédagogique majeur autour duquel va s'articuler la démarche didactique de l'enseignant, car pour le Ministère la simple idée de pouvoir se passer d'un manuel dans un programme rend très problématique la qualité des apprentissages des élèves.

1.3 Les règlements concernant le régime pédagogique.

1.3.1 Au premier article, le Ministère décrit le manuel comme étant:

"Tout ouvrage imprimé, destiné à l'élève, auquel peuvent se rattacher certains documents audio-visuels et d'autres moyens pédagogiques et traitant de l'ensemble ou des éléments importants d'un programme d'études pour une ou plusieurs années d'études".

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1.32. Par ses articles dix-neuf, pour le primaire et quatre, pour le secondaire, le Ministère de l'Éducation crée une exigence légale pour que "l'Élève puisse disposer personnellement d'un ou des manuels requis pour couvrir le programme".

1.3.3 L'Association des cadres scolaires constate que le Ministère de l'Éducation vient de franchir une étape très importante en donnant un caractère légal à ses orientations antérieures.

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** 2. Le manuel scolaire: le volet des commissions scolaires

L'Association des cadres scolaires du Québec occupe un poste d'observation privilégié dans tous les milieux scolaires du Québec pour mesurer les attentes face aux manuels scolaires.

2.1 Au niveau primaire

2.1.1 Une fois connu l'échéancier d'application des nouveaux programmes, les enseignants du primaire ont emboîté très rapidement le pas derrière le mininistère de l'Éducation. Ils se sentent engagés dans la réalisation des devis d'implantation.

2.1.2 Le grave problème qui se pose pour le niveau primaire c'est que le "coffre à outils" n'est toujours pas livré. Les manuels scolaires promis depuis le début de cette vaste opération ne sont toujours pas au rendez-vous. Les enseignants se sont perfectionnés, ils ont expérimenté dans leurs classes les nouveaux programmes et ils ont même commencé à les appliquer, surtout le nouveau programme de français. Les enseignants sont donc obligés de pratiquer une "pédagogie de la feuille volante" fortement dénoncée dans le Livre orange.

2.1.3 L'Association des cadres scolaires du Qébec constate que le Ministère de l'Éducation a

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lancé une opération d'application de nouveaux programmes qui est maintenant devenue irréversible.

2.2 Au niveau secondaire

2.2.1 L'École québécoise, énoncé de politique et plan d'action ainsi que le Règlement concernant le régime pédagogique du secondaire (décret 552-81 du 1981-02-05) ont été largement diffusés dans le milieu enseignant.

2.2.2 La mesure visant à ce que l'élève dispose personnellement d'un manuel de base pour couvrir le programme a été endossée par les enseignants. Ceux-ci ne veulent plus vivre l'implantation des programmes-cadres qui ont donné lieu à la pédagogie de la "feuille volante".

2.2.3 Dans plusieurs commissions scolaires, le déblocage de fonds pour le perfectionnement des enseignants a été troqué contre la promesse d'appliquer les nouveaux programmes lorsque les élèves auront leur manuel de base.

2.2.4 Les commissions scolaires ne possèdent pas les ressources pour financer l'achat de ces volumes à l'intérieur des budgets actuels; d'où l'obligation d'attendre, pour l'application des nouveaux programmes, les mesures d'aide financière pour l'achat des volumes agréés.

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2.2.5 L'Association des cadres scolaires du Québec constate qu'au niveau secondaire les nouveaux programmes ne seront appliqués que dans le respect de l'article 4 du Règlement concernant le régime pédagogique du secondaire.

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** 3. Les attentes du milieu

3.1 Les parents.
L'examen de plusieurs procès-verbaux de comités de parents de la Fédération des comités de parents nous permettent de constater que la pensée des parent sur les manuels scolaires va habituellement dans une même orientation: dans l'ensemble, les parents demandent que les volumes de base soient uniformes dans toute la province. Les parents désirent aussi que ces manuels scolaires soient fournis aux élèves en nombre suffisant et que des firmes spécialisées indépendantes des maisons d'édition soient mandatées pour vérifier le degré de concordance entre les devis du Ministère et les manuels scolaires proposés par les éditeurs.

3.2 Les enseignants.

3.2.1 En février 1981, la direction du matériel didactique du Ministère de l'Éducation a publié les résultats d'une vaste enquête(*) menée auprès de mille quarante-cinq enseignants du niveau secondaire. Cette enquête avait pour but de recueillir et de fournir des données permettant de mieux identifier les besoins des enseignants en regard du matériel didactique afin d'y répondre de manière plus adéquate.

(*) Document 16-4315-01-02-03 Février 1981

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Il se dégage de cette enquête que le manuel scolaire, lorsqu'il existe, occupe par rapport à l'ensemble du matériel didactique une place de choix, bien que très peu d'enseignants s'en servent de manière exclusive. Pour ces derniers, cela se justifie par la valeur de cet outil qui donne l'essentiel du programme et constitue à leurs yeux le meilleur instrument d'apprentissage pour les élèves.

3.2.2 L'Association québécoise des professeurs de français dans son dernier congrès adoptait la recommandation suivante:

"... faire pression auprès du Ministère de l'Éducation pour que les professeurs de français soient assurés d'avoir le matériel didactique nécessaire pour leur enseignement."

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** 4. Le Ministère de l'Éducation est-il conséquent avec ses propres orientations?

4.1 Le Ministère depuis la publication de son Livre vert a poursuivi une démarche qui apparaît cohérente à l'Association des cadres scolaires du Québec. Son plan d'action, ses nouveaux programmes et son régime pédagogique sont venus préciser les contenus de sa réforme pédagogique. Mises à part les résistances normales, cette démarche du Ministère est considérée positivement par les parents, les administrateurs, les enseignants qui lui accordent une bonne crédibilité. L'Association des cadres scolaires du Québec considère que cette affirmation vaut pour la période qui va de la consultation qui a précédé le Livre vert jusqu'à la fin de l'année 1980-1981.

4.2 En septembre 1981, il devenait évident que le très vaste chantier mis en branle par le Ministère ne progressait pas selon l'échéancier prévu. Durant cette période, les commissions scolaires étaient déjà impliquées dans le processus d'implantation des nouveaux programmes. Les enseignants qui prenaient connaissance des différentes versions du calendrier d'application des nouveaux programmes se posaient de très sérieuses questions sur l'ampleur du perfectionnement qui serait exigé d'eux.

4.3 L'Association des cadres scolaires du Québec est d'avis que les enseignants acceptent de se perfectionner et de s'adapter aux nouveaux programmes du Ministère. Désormais, les enseignants, les parents[13]

et les administrateurs scolaires ayant bien lu les énoncés du Livre vert et du Livre orange, ayant bien noté les dispositions légales du régime pédagogique, il n'est pas question de leur refaire le coup du programme-cadre et des programmes institutionnels. Ces deux dernières années le Ministère a dit et répété que dans chaque classe les enseignants pourraient compter sur le soutien d'outils pédagogiques variés et en particulier de manuels scolaires pour chaque programme. Le milieu scolaire très bien alimenté par les déclarations nombreuses du Ministère de l'Éducation a développé au cours des derniers mois des attentes considérables sur la nécessaire existence du matériel d'enseignement avec le manuel scolaire à la place d'honneur.

4.4 A mesure que l'année scolaire 1981-1982 avance3, l'Association de cadres scolaires du Québec constate un vide. Les questions se font de plus en plus pressantes: le Ministère va-t-il livrer la marchandise? Il a mis en marche sa machine avec ses programmes et ses guides. Va-t-il maintenant mettre le "coffre à outils" à la disposition des pédagogues? Les enseignants ne peuvent être à la fois des vulgarisateurs et des concepteurs de manuels scolaires. Et pourquoi le Ministère ne serait-il pas pris au sérieux? Pourquoi n'y aurait-il pas de manuels scolaires alors que le Ministère lui-même a affirmé qu'il y en aurait?

4.5 L'Association des cadres scolaires du Québec considère qu'à la fin de l'année scolaire 1981-1982, l'absence généralisée de manuels scolaires plonge les

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milieux d'éducation dans une crise de crédibilité vis-à-vis le Ministère de l'Éducation. Aux yeux de l'Association des cadres scolaires du Québec, il est inconcevable que les manuels scolaires ne soient pas encore disponibles alors que certains programmes sont déjà appliqués dans plusieurs commissions scolaires. Il est également déroutant de constater que le Ministère est en train de détruire sa propre planification: il est revenu, en vertu d'une trajectoire pour le moins curieuse, à son point de départ d'avant le Livre vert. Avant cette période, c'était les programmes-cadres, c'était l'absence de matériel didactique et de manuels scolaires. C'était l'époque de la polycopie, des feuilles volantes, des improvisations pédagogiques et des enseignants "apprentis-sorciers" qui devaient composer leurs manuels scolaires au jour le jour: vulgarisateurs pédagogiques le jour et auteurs le soir et les fins de semaine.

4.6 Le Ministère a dénoncé cette pratique avec force et éloquence. Il a proposé de nouveaux programmes. Il a proclamé l'ère nouvelle des programmes à objectifs précis, il a annoncé l'arrivée d'un matériel didactique renouvelé et varié. Le Ministère, lancé sur sa trajectoire, a complété une bonne partie de ses grandes manoeuvres: les programmes sont presque tous publiés et le régime pédagogique est déjà en vigueur. Nous aboutissons en mai 1982 et nous constatons que le paysage ressemble étrangement à celui de 1969 en ce qui regarde le matériel didactique: les manuels scolaires ne sont pas au rendez-vous et les instruments d'évaluation brillent par leur absence. Par

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exemple, les enseignants qui expérimentent ou qui appliquent le nouveau programme de français au primaire empruntent toujours le chemin des photocopieuses. Les feuilles volantes sont plus nombreuses que jamais; le matériel-maison et la production locale continuent de remplacer les maisons d'édition avec les budgets réguliers des commissions scolaires et les sous des parents. Vive les années 70! Le boomerang vient de compléter son parcours.

4.7 L'Association des cadres scolaires du Québec pense que l'absence des manuels durant la période de l'implantation fait que les enseignants ont vécu de nombreux ateliers de perfectionnement sans pouvoir se familiariser avec l'instrument principal qui doit soutenir leur pratique pédagogique quotidienne. Le danger est grand que les enseignants se bâtissent un "coffre à outils" sur mesure et qu'ils refusent de se réadapter à une didactique plus rigoureuse, plus respectueuse des orientations importantes de chaque programme.

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** 5. L'Association des cadres scolaires du Québec s'interroge ...

5.1 Le Ministère de l'Éducation est-il conscient que le calendrier d'opérations qu'il a publié depuis deux ou trois ans sur l'implantation et l'application des programmes, que les indications qu'il a données au sujet de la production des manuels, des guides et autres instruments de soutien créent des attentes considérables dans l'ensemble du réseau scolaire?

5.2 Le Ministère est-il sensibilisé au fait que son plan d'action a mis en branle un processus de réflexion, de perfectionnement, d'expérimentation et d'application chez des dizaines de milliers d'enseignants?

5.3 Le Ministère est-il conscient que ce processus, une fois lancé, ne peut plus être arrêté et qu'il devient irréversible?

5.4 Le Ministère est-il conscient du manque de synchronisme évident entre la date de publication des programmes et le moment de la parution des manuels scolaires?

5.5 Le Ministère maintiendra-t-il les exigences de ses devis à l'égard des maisons d'édition et veillera-t-il à ce que l'approbation des manuels scolaires soit faite en fonction de ces mêmes devis?

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5.6 Le Ministère adoucira-t-il ses exigences parce que des maisons d'édition tenteraient de lui refiler du vieux matériel remis à neuf, du "dumping" de l'Ontario ou des traductions américaines?

5.7 Le Ministère de l'Éducation est-il conscient qu'il est toujours privé d'une politique en matériel didactique? Que devient le rapport à diffusion restreinte publié le 17 juin 1980 et qui avait pour titre: "Essai de formulation d'une politique du matériel didactique"? (code AE-800602)

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** 6. Les recommandations de l'Association des cadres scolaires du Québec au Ministère de l'Éducation

Partant de cet état de question concernant le manuel scolaire, l'Association des cadres scolaires du Québec recommande:

6.1 De maintenir les dispositions des Règlements concernant le régime pédagogique qui traitent du manuel scolaire.

6.2 De faire respecter les devis de production des manuels scolaires.

6.3 D'accélérer le processus de production des manuels scolaires et des guides pédagogiques.

6.4 D'attendre la parution des manuels scolaires avant l'application officielle des programmes.

6.5 De prévoir un calendrier plus réaliste et plus stable pour l'application officielle des programmes du primaire et du secondaire.

6.6 De préciser, dès le budget 1983-1984, les paramètres et les modalités de subvention pour les manuels scolaires, en y incluant des prévisions pour la production locale conforme aux normes du Ministère.

6.7 De publier, dans les meilleurs délais, une politique opérationnelle sur le matériel didactique."

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1982
xxx. Grille d'analyse des stéréotypes discriminatoires dans le matériel didactique imprimé. Édition revisée [sic]. Québec, Ministère de l'éducation, 1982. iii, 157 p.

1982

xxx. Matériel didactique autorisé par le ministre de l’éducation pour le préscolaire et le primaire - 1982-1983. Québec, Ministère de l’éducation, 1982.

"Aux présidents des commissions scolaires
Aux commissaires et syndics d’écoles

La liste du matériel didactique autorisé que publie le ministère de l’Education découle de l’application des articles de loi permettant au Ministre d’approuver les livres de classe et faisant obligation aux commissaires et syndics d’écoles, d’exiger leur utilisation (article 189, 5e L.R.Q., 1-14, 1977). Elle permet aussi aux autorités scolaires et aux enseignants de repérer le matériel didactique pour les différents programmes d’études de l’enseignement primaire et secondaire.

Cette publication fournit l’occasion de rappeler certains éléments touchant le matériel didactique et, plus particulièrement, les manuels scolaires et la reproduction.

Les analyses et les consultations auxquelles a donné lieu le Livre vert sur l’enseignement primaire et secondaire au Québec ont permis de constater des carences en matériel didactique de base. C’est pourquoi L’Ecole québécoise, sans renoncer aux acquis pédagogiques de la réforme de l’éducation, souhaite pallier les lacunes d’une situation où l’on ne dispose parfois que de documents composés ou reproduits tels quels? À cette fin, le Plan d’action propose une revalorisation du manuel comme instrument de tavail pour l’élève.

La liste du matériel didactique approuvé prescrit des ouvrages agréés en fonction des programmes actuellement en vigueur. Cependant, le Ministère a pris un ensemble de mesures pour favoriser la parution de manuels en fonction des programmes en révision et des disciplines où les besoins sont marqués. Aussi, la liste du matériel approuvé reflétera-t-elle progressivement, au cours des prochaines années, la situation nouvelle que créeront les ouvrages ainsi disponibles.

Compte tenu de ces changements importants, les commissions scolaires se doivent d’exercer, dans cette période de transition, une certaine prudence dans leurs achats de matériel didactique.
Il convient de rappeler, en outre, les obligations découlant de la Loi sur le droit d’auteur (S.R. Chap. C-30). Cette loi énumère les actes qui sont réservés exclusivement au détenteur d’un droit d’auteur. Reproduire une oeuvre ou une partie substantielle de celle-ci constitue l’un de ces actes. En conséquences, toute personne qui désire procéder, de quelque manière que ce soit, à une reproduction doit, pour ce faire, en obtenir l’autorisation.

A cet égard, la Loi contient certaines règles d’exception, notamment celle qui concerne "l’utilisation équitable d’une oeuvre pour des fins d’étude privée ou de recherche ...". Si les circonstances ou conditions peuvent justifier le recours à ces règles, il importe de le faire avec circonspection.

La Loi sur le droit d’auteur accorde une protection aux auteurs dans le but de les inciter à produire sans cesse des oeuvres nouvelles, plus nombreuses et de meilleure qualité. Cette perspective ne saurait laisser les éducateurs indifférents. Dans l’accomplissement même de leur tâche, ceux-ci reconnaîtront aisément l’importance d’une production riche et abondante d’oeuvres de tout genre, en particulier de documents à caractère pédagogique. Dès lors, ils voudront tenir compte du fait que, si l’utilisation de ces oeuvres dans les établissements d’enseignement peut favoriser leur diffusion, certaines pratiques de reproduction risquent par ailleurs d’avoir pour résultat d’en tarir la source.

De plus, dans la pleine conscience de leurs responsabilités, les éducateurs tiendront à donner l’exemple d’une attitude qui inspire le respect de la propriété intellectuelle.

Les études que l’on poursuit présentement, un peu partout dans le monde, sur le droit d’auteur finiront par loger dans une synthèse harmonieuse et pratique les opinions apparemment opposées dont on vient de faire état.

Le ministère de l’Education suit avec beaucoup d’attention les recherches en cours. Des contacts avec des organismes éducatifs étrangers ont permis d’identifier des préoccupations similaires et de procéder à de fructueux échanges.

En attendant toute révision éventuelle, la présente Loi fédéral sur le droit d’auteur est en vigueur et il importe d’en respecter les prescriptions. En ce qui concerne la reproduction d’oeuvres ou de portions d’oeuvres (livres, articles de revue, oeuvres musicales, graphiques, dessins, cartes géographiques, films, etc.), les responsables des organismes éducatifs considéreront l’opportunité de réviser, à la lumière de la loi, les pratiques adoptées par leur personnel depuis qu’un équipement plus perfectionné est disponible. S’il arrivait qu’on entretienne des doutes sérieux quant à certaines opérations, il deviendrait nécessaire d’avoir recours à des conseillers juridiques expérimentés dans ces matières délicates.

Veuillez  agréer  l’expression  de  mes sentiments les meilleurs.

Le sous-ministre,
Jacques Girard

INTRODUCTION

LISTES ANTÉRIEURES

Le ministère de l’Education du Québec vous présente la liste du matériel didactique autorisé pour le préscolaire et le primaire pour l’année scolaire 1982-1983. Cette publication est une refonte de la liste publiée en 1979, du supplément refondu paru en juillet 1981 et des titres approuvés depuis cette date.

Les listes antérieures ont fait l’objet d’une mise à jour importante. En effet, un grand nombre d’approbations n’ont pas été renouvelées parce que le matériel concerné était soit désuet, soit épuisé. D’autres titres ont été radiés parce qu’ils ne correspondaient plus à la définition de matériel didactique admissible à l’approbation.

ANCIENS PROGRAMMES

Tous les manuels paraissant dans cette liste ne sont approuvés qu’en fonction des anciens programmes d’études. Le Ministère ne peut assurer les organismes d’enseignement que les titres paraissant dans la présente liste seront jugés conformes aux nouveaux programmes. Le Ministère continuera cependant à publier la liste du matériel didactique autorisé en fonction des anciens programmes tant et aussi longtemps que les nouveaux programmes ne seront pas les seuls appliqués.

NOUVEAUX PROGRAMMES

Les titres des manuels nouvellement approuvés, tant pour les anciens que pour les nouveaux programmes, paraîtront périodiquement dans le bulletin d’information DEGE publié par la Direction générale des réseaux. Les titres approuvés pour les nouveaux programmes feront l’objet d’une mention particulière.

OUVRAGES A  L’ETUDE

En rapport avec la présente liste, le Ministère publie également, à l’intention des éditeurs, des listes périodiques d’ouvrages qu’il reconnaît comme manuels scolaires. Les ouvrages cités dans ces listes ne sont pas encore sanctionnés; ils ne peuvent donc pas être achetés par les organismes scolaires avant leur approbation effective.

MATÉRIEL  DIDACTIQUE

Le Ministère considère comme matériel didactique tout ouvrage qui comporte de l’information, c’est-à-dire qui expose, explique ou illustre des notions, ou qui propose des activités pouvant être utiles à l’enseignement.

CATÉGORIES  DE  MATÉRIEL  DIDACTIQUE:

Matériel didactique de base

Matériel expressément conçu pour l’enseignement, qui correspond à l’ensemble des éléments obligatoires d’un programmes d’études en vigueur et qui est nécessaire pour les élèves d’une classe, tout le temps qu’ils suivent ce programme.

Le livre du maître accompagnant le matériel didactique de base de l’élève se range dans cette première catégorie.

Matériel didactique complémentaire

Matériel conçu particulièrement (mais non exclusivement) pour l’enseignement, qui correspond à certains éléments d’un programme d’études en vigueur et qui est d’usage facultatif en classe.

Matériel didactique supplétif

Matériel pouvant remplacer provisoirement du matériel didactique de base inexistant, parce qu’il correspond de fait à une proportion importante des éléments obligatoires d’un programme d’études en vigueur et qu’il est nécessaire pour les élèves d’une classe, tout le temps qu’ils suivent ce programme. Ce genre de matériel reçoit habituellement une approbation provisoire jusqu’à la parution d’un matériel didactique mieux adapté.

CRITÈRES  D’APPROBATION

L’approbation d’un matériel didactique signifie qu’il respecte un seuil de qualité pour chacun des critères suivants:

- conformité aux exigences didactiques du programmes d’études en vigueur;

- respect du bon usage linguistique;

- respect des valeurs religieuses et morales;

- respect des règles de toponymie adoptées au Québec;

- respect des règles d’utilisation du système international d’unités.

Depuis septembre 1981, le Ministère a fait évaluer un certaine nombre de manuels qui paraissaient présenter des stéréotypes discriminatoires; ces évaluations ont conduit à refuser ou à radier des listes officielles un certain nombre d’ouvrages. Désormais, tous les manuels soumis pour les nouveaux programmes seront évalués sur le plan des stéréotypes discriminatoires s’ils présentent des personnages.

CAHIERS D’EXERCICES

Les cahiers d’exercices, les fiches de travail ainsi que les dictionnaires d’usage sont considérés par le Ministère comme manuels scolaires. En conséquence, ces ouvrages nécessitent l’autorisation ministérielle pour être utilisés en classe."

Page modifiée le : 20-02-2014
 

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